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PRÉFACE Quand on n ‘a qu ‘un marteau, tous les
problèmes deviennent des clous. Je dois d’emblée des excuses à mes lecteurs
: je ne connais rien au management. Je ne sais pas ce que veut dire ce
mot, je ne sais pas à quoi cela correspond dans la bouche et sous la
plume de ceux qui traitent de ce sujet. D’une façon générale, pour les
constructivistes et systémistes, dont je crois faire partie, il est
définitivement impossible de parler du monde en soi, mais du monde tel
que je le vois, donc du monde duquel je fais partie ; à partir de mon
observatoire personnel, et unique, je vois un certain monde. Quand je me
déplace, la vision se déplace avec moi. Et je comprends vite qu’à
chaque pas, la réalité change, car celle-ci n’est rien d’autre que
la relation que j’entretiens avec le monde extérieur. Si l’homme, à chaque instant ("ici et
maintenant "), invente juste, de façon adaptée aux partenaires et
aux situations qu’il vit, il sera un bon manager et atteindra ses
objectifs. Il n’est pas possible d’approcher le management à l’aide
des théories ; il est une façon de vivre les relations de tous les
jours. En famille, cela s’appelle l’art d’être époux, père ou
mère ou... , comme l’a dit l’autre, d’être grand-père ; dans l’entreprise,
c’est l’art de manager ses troupes. Homme de la plaine, pourquoi gravis-tu la
montagne ? - Pour mieux voir la plaine. INTRODUCTION Les organisations, les méthodes de management,
les modes de contrôle ne sont en soi ni bons ni mauvais. La seule façon de transformer les rapports sociaux est de transformer profondément les éléments individuels entre lesquels ils s ‘établissent. H. Laborit. Une vie... 1996. p. 153. Parmi les livres qui ont été écrits sur le
management, certains sont des ouvrages généraux sur la conduite des
entreprises, d’autres développent des théories particulières sur la
meilleure façon de s’organiser, d’autres encore, souvent plus
récents, focalisent notre attention sur les techniques relationnelles. Ce
sera notre approche du sujet. "Qui a tout prévu devient négligent" dit le stratagème chinois numéro 1. Et toutes ces pratiques peuvent se ramener
finalement à l’art de "manager des relations"
interindividuelles, "ici et maintenant ". Le management tient
tout autant de la conduite automobile, que des théories
organisationnelles. Nous ne traiterons ici, ni de la gestion en général, ni même des relations entre les différents postes et fonctions d’une entreprise ; tout cela est bien abstrait ; nous parlerons du management en partant des individus, ou mieux comme nous allons le voir, des interactions que ces individus entretiennent entre eux. Selon nous, c’est une erreur de croire qu’on puisse parler de la gestion d’une société en faisant semblant d’oublier que celle-ci est avant tout constituée de personnes, d’individus toujours différents dans leur histoire, et dans leur vision du monde. Peut-on comprendre comment s’articulent les différents services d’une entreprise sans comprendre comment fonctionnent les individus qui les composent ? Mais l’individu lui-même existe-t-il
vraiment, en tant que tel, indépendamment des autres ? Ne dépend-il pas
en grande partie de l’environnement dans lequel il évolue et du
contexte dans lequel il travaille ? Tel chef de service, parfaitement
performant dans une entreprise, peut l’être bien moins et devenir un
poids mort dans une autre. Notre approche du management sera résolument "interactionniste et systémique ", interactionniste dans la mesure où notre centre d’intérêt ne sera pas les individus, mais ce qui se passe entre eux ; systémique, dans la mesure où il nous apparaîtra impossible d’étudier les interactions entre deux individus sans les replacer dans des ensembles plus vastes d’interactions. Par exemple, une interaction entre un vendeur et un de ses prospects, à un moment donné du temps, ne pourra jamais être analysée "en soi ", comme un élément signifiant, mais se comprend, d’une part par rapport à des ensembles plus vastes, ceux des autres interactions avec les autres prospects, et d’autre part, celui des interactions des autres vendeurs avec leurs propres prospects, et dans l’ensemble des interactions du vendeur avec sa hiérarchie. Ce ne sont pas les individus en tant que tels qui sont l’objet de notre observation mais bien les relations entre eux et leur cohérence par rapport à un objectif. D. Bériot. 1992. p. 152. L’approche interactionniste se pose en
permanence la question : " Que puis-je faire, en tant que manager de
la relation, ici et maintenant, compte tenu que cela dépend de moi, de
lui, des objectifs que nous poursuivons, et de la situation dans laquelle
nous nous trouvons en ce moment ? " En sachant qu’il existe
plusieurs réponses valables à ce genre de question. Pris dans ce sens, le terme
"management" nous conduit rapidement à une extension du terme
"manager ". Dans une entreprise, tous les individus doivent sans
cesse "manager" leurs relations avec les autres. Nous en
arrivons ainsi à la notion japonaise du "tous managers ". Par
extension on peut dire que l’on "manage" son couple, l’éducation
de ses enfants, tout aussi bien que son entreprise. Pris dans le paradigme
interactionniste, le management se définira comme le savoir-faire
permettant de trouver les meilleures solutions aux situations variées de
la vie d’entreprise. À ce titre, on deviendra bon manager, non pas par
l’acquisition de connaissances particulières, mais par l’apprentissage
d’une certaine souplesse relationnelle. Enfin, nous refuserons la conception la plus répandue selon laquelle le management est un corpus de problèmes "à part ", arbitrairement séparés des autres problèmes de communication de l’homme. Palo Alto nous a enseigné que "tout est communication ". L’art de manager est l’art de communiquer appliqué à des problèmes et à des situations particulières. En conclusion de cette introduction, finalement, nous manageons avec notre esprit, c’est-à-dire avec nos croyances, nos opinions, et nos habitudes comportementales ; le management n’a pas de réalité en soi, il est un ensemble de comportements particuliers d’individus en position de manager. Aussi peut-on penser que changer le management consistera d’abord à changer les structures mentales, verbales et comportementales des managers.
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| Extrait 1 | Préface et introduction |
| Extrait 2 | |
| Extrait 3 | L' hypocrisie obligatoire |
| Extrait 4 | Permanence et changements |
| Extrait 5 | La théorie des conflits |
| Extrait 6 | Les outils du changements |
| Extrait 6 | La vision Client |